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National Blue Trail - Hongrie

Une seule randonnée épique où on manque de mourir, ça ne vous suffit pas à vous, n'est-ce pas ? Il vous en faut toujours plus, bande de voyeur !

Vous avez aimé nos aventures en Corse, où nous esquivions les ronces, les vaches, les montagnes et les cols enneigés pour le plaisir de vos yeux. Retrouvez une épopée de 7 jours à travers la Hongrie avec une bande de bras cassés.

Notre aventure fut moins catastrophique que l'épopée Corse, elle sera donc moins commentée. :-)

Comme d'habitude sur ce site, nous avons bien fait les choses : 3 ingénieurs sous-entrainés attaqueront le célèbre "National Blue Trail" pour une durée de 7 jours. Aucun autre moyen de locomotion que nos jambes n'est autorisé.
Nous n'avons pas particulièrement de plans concernant la nourriture, nous achèterons dans les petits villages que nous traversons (si nous en traversons) et ferons étapes dans des auberges le soir.
L'équipe est composée de J, F et K (Team J.F.K), l'anonymat des membres de l'épopée fantastique est préservé, mais ce n'est pas une raison pour ne pas pouvoir se moquer d'eux.

Ce récit est agrémenté de nombreuses photos prises lors de notre voyage. Elles sont toutes libres de droit et peuvent être utilisées à votre convenance.

Notre itinéraire nous fera traverser les villages (ou villes) suivants : 

  • Csobanka
  • Dobogoko
  • Visegrad
  • Nagy Hideg Hegy
  • Szendehely

 

La dream team

La dream team

Le petit déjeuner des champions

Le petit déjeuner des champions

Préparation d'une randonnée

Evidemment, le succès d'une randonnée tient à la préparation de ses membres. Il faut naturellement être vigilant sur plusieurs aspects :

  • La préparation physique et l'entrainement
  • La préparation morale à l'effort
  • La préparation de l'itinéraire
  • La préparation de l'équipement

Autant vous signaler tout de suite, nous avons été nuls sur tout, sauf l'itinéraire. :-)

Et encore, quand je dis que nous n'avons pas été nuls sur la préparation de l'itinéraire, c'est un mensonge éhonté. laugh

"Boarf, 2200 mètres de dénivelé dans la journée, ça doit pas être si terrible !". "On fera étape en haut de la montagne !". "Avec ses genoux en acier, K. peut bien descendre la montagne sans gémir toutes les deux minutes !"

La photo à gauche montre nos provisions pendant le voyage. Comme vous pouvez le voir, l'essentiel pour survivre une semaine est là. (Non ? Bon..) Evidemment, nous avions bon espoir de pouvoir faire des courses en chemin. Notre itinéraire doit croiser plusieurs villages et quelques hôtels donc nous ne prenons pas trop de risque.

Après avoir rempli nos sacs de cacahuètes et de barres de céréales, nous pouvons enfin partir à l'aventure !

"Oooh jésus, mon jésus, viens me sauver !"

"Ok, j'arrive !"

Le National Blue Trail

La randonnée que nous avons suivie est célèbre en Hongrie : C'est la randonnée nationale qui fait le tour du pays. Vieille de près de 100 ans, elle a été remise au goût du jour durant la Hongrie communiste où les valeurs du sport et de la nature étaient mises en avant. Le chemin fait 1200 kilomètres et traverse montagnes, forêts, champs, petits villages et naturellement le Danube.

Nous avons choisi 120 kilomètres qui nous feront traverser de nombreux villages et le Danube, et tout ça durant l'automne. Les paysages sont magnifiques, et les montagnes nous proposent des vues dignes de forêts d'érables du Canada. 

La majorité de notre itinéraire se fait à travers la forêt où la vue est un peu moins diversifiée (des arbres, des arbres et des arbres) mais nous profitons au moins du grand air et du calme.

L'itinéraire est bien aménagé, même si nous avons risqué nos vies à plusieurs reprises pour enjamber des cours d'eau en sautillant de pierre en pierre.

Traversée d'un petit village

Traversée d'un petit village

Arrivée à Dobogoko

Après notre première journée de marche, nous arrivons finalement à Dobogoko dans le noir, courbaturés et affamés. La ville se trouve légèrement en altitude (900m de dénivelé), ce qui représentait déjà un challenge pour nous ! Nous arrivons dans un grand hôtel vers 18h30. Nous n'avons qu'une seule envie : Prendre une douche et manger. Horreur, les cuisines ferment à 19h30 et on nous fait comprendre que pour manger, c'est maintenant ou jamais. Soit !

Cet endroit est encore frappé par la malédiction de la Hongrie : Du jus d'orange en poudre à vous faire vomir. Nous ne survivons que grâce à la présence de bacon, de saucisses et d'oeufs au petit déjeuner, et d'un sauna pour aller nous détendre (il nous en faut peu). K. a déjà des ampoules, mais rien de critique, nous serons en état de repartir pour notre deuxième jour de marche.

Notre prochaine étape se fera à Visegrad à 25 kilomètres d'ici.

Le repos des braves

Le repos des braves

Traduction :

Traduction : "Bienvenue à l'auberge de la fraternité. Animaux acceptés."

Une tour de chasse

Une tour de chasse

Pilisszentlászló

Pilisszentlászló

Petits villages hongrois

Nos moments de réconfort dans la journée sont les petits villages que nous croisons (entre 1 et 2 par jour), chacun d'eux possède une petite supérette. Le plus gros enjeu étant de trouver cette dernière, car elle est souvent cachée dans un bâtiment banalisé sans enseigne. Nous essayons de repérer les entrées/sorties dans les bâtiments et d'espionner les maisons des gens pour les dénicher.

Le petit village hongrois typique possède également une église et des véhicules aux allures soviétiques garés un peu partout. 

Nos repas sont composés de pain, de fromage et de charcuterie, ce que nous regrettons régulièrement à l'heure de reprendre la marche. Nous avons particulièrement souffert dans le village de Pilisszentlászló (à gauche) où, après avoir mangé l'équivalent de notre poids en pain et fromage, nous avons du escalader un dénivelé démoniaque. Silence de mort et souffrance dans le groupe.

Visegrad, notre destination du jour se trouve au bord du lit du Danube à 12 kilomètres de notre position. Malheureusement pour nous, cette région de la Hongrie est montagneuse et nous devrons souffrir dans de nombreuses montées d'ici là.

 

F. joue aux dés pendant que K. décède.

F. joue aux dés pendant que K. décède.

Un rempart du château de Visegrad

Un rempart du château de Visegrad

La cité de Visegrad

Visegrad est une cité millénaire : Après avoir été rasée par les Mongols à de nombreuses reprises avant de devenir une ville royale. Le château de Visegrad surplombe la montagne et offre une vue magnifique sur le Danube. 

La ville joue sur son image de ville au patrimoine historique important pour attirer les touristes et les Hongrois de la capitale pour la soirée ou le weekend en offrant de nombreuses attractions autour du Danube ou des plaisirs de la table. 

Nous avons décidé de jouer le jeu et de nous rendre dans un restaurant médiéval où les costumes sont de rigueur : F. enfile une robe de noble, et nous nous retrouvons autour d'un banquet, coiffés de nos couronnes pour avaler des bassines de viande. Nous nous arrêtons de manger au moment où nous déclarons forfait : Il y a 6 viandes différentes sur la table, et plus que nous ne pouvons en manger. A cela s'ajoutent les accompagnements et la bière qui coule à flot. Pas de doute, les gens savaient vivre à cette époque. :-)

Nous rentrons dans le noir à la lumière de nos téléphones portables, la ville n'est pas éclairée. Nous retrouvons notre hôtel avec soulagement, il est temps de dormir : Le départ demain sera matinal. 

6h30 : Le réveil sonne. Nous sommes amorphes. Nous sentons que la randonnée prend un tournant.
Pas de possibilité de petit déjeuner dans cet hôtel : Le service commence à 9h, et notre ferry pour traverser le Danube part à 7h45. Nous sortons : Il fait 2° et un épais brouillard masque toute la visibilité.

Passé le Danube, nous commençons à marcher et nous nous réchauffons. Nous montons durant 7 kilomètres, et K. se déleste de son sac et le donne à F. Nous traversons une plaine interminable, le chemin est tout plat, voire descendant, et pourtant on sait qu'il reste au moins 1200m de denivelé positif, l'apprehension monte !

9 kilomètres avant l'arrivée, nous tombons sur un bar qui vend des burgers : delivrance ! 6 burgers + 3 cocas : 11€.

Les 6 derniers kilomètres montent énormément, presque tout le dénivelé du jour se situe à cet endroit. Nous commençons à monter, et doutons de plus en plus. J. n'en peut plus, pas plus que K. L'ascension nous aura pris 3 heures. L'arrivée à l'hotel est une délivrance, nous nous payons le luxe d'arriver à 16h (une heure avant la tombee de la nuit) après 9h de marche.

2eme blasphème de cette page

2eme blasphème de cette page

F. prend conscience du dénivelé

F. prend conscience du dénivelé

K. meurt pour la 2ème fois de la journée

K. meurt pour la 2ème fois de la journée

Etape à Nagy Hideg Hegy

Arrivés en haut de la montagne, nous ne trouvons qu'une auberge de voyageurs. Il fait 0 degrés, et nous n'en pouvons plus. Heureusement, l'hospitalité du lieu nous a redonné du baume au coeur. Plein de bières, et une serveuse roumaine très accueillante insiste pour passer du temps avec nous. A moitié amorphes après nos aventures, nous sommes concentrés sur nos assiètes jusqu'à la voir arriver avec une bouteille d'alcool locale et nous demander de trinquer.

Nous acceptons (naturellement !), mais finissons tranquillement la journée au sauna. K. préfère regagner la chambre pour laisser ses genoux se régénérer. De toute façon, il n'en aura plus beaucoup besoin : Notre voyage sera bientôt un échec cuisant. Mais cela, nous vous en parlerons bientôt. :-)

Comme d'habitude, nous sommes réveillés par le soleil à 4h45. Le petit déjeuner n'est servi qu'à seulement 8h. Finalement, nous ne serons servis qu'à 9h30 et il nous reste encore 30 kilomètres à parcourir avec beaucoup de descentes, et beaucoup de côtes. Notre objectif est d'arriver à destination avant 17h (tombée de la nuit) pour ne pas avoir à progresser à la lampe frontale comme les premiers jours.

L'échec, un art de vivre

Avant dernier jour de marche : La brèche.

Le trajet semble interminable. K. s'arme d'un baton, puis deux, et peine à plier les genoux. (Ce qui n'aurait pas été très grave si nous n'avions pas une montagne entière à descendre) Chaque pas est une souffrance. Décision est prise pour lui de s'arreter au prochain village et de prendre le bus jusqu'à notre destination. Nous continuons de marcher perilleusement, et Nograd (notre étape pour déjeuner) ne semble jamais se rapprocher. Il est bientôt 14h et nous arrivons à peine dans la ville. Enfin, la providence nous envoie un signe positif : Je marche dans une enorme flaque de boue visqueuse : Flac! Mon pied est trempé et integralement marron jusqu'en bas du pantalon. Merci la providence.

Pour se faire pardonner, elle met une pizzeria sur notre chemin. Nous en profitons pour tenir un conseil de guerre : Que faire ? Si nous repartons, nous avons encore au minimum 4h30 de marche éprouvante, dont au moins 2h de nuit. C'en est trop pour notre moral atteint. Nous décidons de mettre un terme à la randonnée, de toute façon rien ne nous indique que nous serons en état de reprendre la marche demain pour le dernier jour.

Evidemment nous sommes poissards : C'est un jour férié en Hongrie, et la plupart des moyens de transport ne circulent pas. Heureusement, nous trouvons un train nous amenant à Budapest. Au lit à 22h, notre moral chancelle.

Budapest

Budapest est extrêment marqué par le passé de la Hongrie. Deux profondes blessures transparaissent dans tous les monuments et musées : Le communiste et le passé collaborationiste du pays avec le régime nazi. Nous visitons la plus grande synagogue de la ville ainsi que le mémorial des chaussures sur le Danube. Ce dernier représente les enfants juifs déportés par le gouvernement hongrois durant la seconde guerre mondiale.

Certains bâtiments historiques et chateaux sont à couper le souffle. Nous nous promenons aux abords du Parlement hongrois (voir photos-ci dessous) et de la basilique Saint Stéphane avant d'explorer les quartiers historiques de la ville. Pour la fin de la journée, nous profitrons une attraction très connue de la ville : Ses thermes, où une trentaine de bains à toutes les températures sont à la disposition des curieux.

La coline de Gellert et sa statue

Nous terminons notre aventure sur la coline de Gellert où nous avons pu profiter de la statue de la liberté... hongroise. Elle fut érigée en 1947 pour célébrer la fin de l'oppression nazie et nous a offert un spectacle magnifique en fin de journée. 

La visite de la citadelle de la ville nous en a également mis plein les yeux : De superbes vues de la ville et des statues pensives tournées vers le Danube. Des murs de lianes et des vitraux hauts en couleur. Nous remercions Budapest d'avoir tout fait pour nous laisser plein de beaux souvenirs.

Le chauffeur de taxi nous laissera un souvenir impérissable pour notre dernier trajet : Approchant d'un groupe de jeunes femmes, il leur fait signe qu'il est "intéressé". Nous rentrons le cou, F. est mortifié. Merci chauffeur.

"Purée, y a pas de réseau ici. Je mets où l'antenne ?"

Les Hongrois sont fans de Assassin's Creed

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